Début de la trêve hivernale

A l’actu cette semaine dans Digicode : en cette Journée nationale de lutte contre la précarité énergétique, on étudiera la lutte du gouvernement contre la précarité dans le logement. On s’attardera ensuite sur une autre preuve de la volatilité du marché immobilier en temps de crise. Et enfin, on verra comment une « part de brie » pourrait diviser les Parisiens... Bienvenue dans Digicode, la newsletter qui décrypte l’actualité immobilière !

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Interdiction d’expulser ses locataires depuis le 1er novembre

La trêve hivernale est entrée en vigueur ce lundi 1er novembre dernier, mettant fin aux expulsions de foyer. Ces dernières ont été deux fois plus nombreuses en 2021 qu’en 2020, en grande partie grâce au prolongement de la trêve hivernale de 2020 jusqu’au 10 juillet. Suite à l’hiver très froid de 1954, la loi du 3 décembre 1956 permet d’empêcher les foyers les plus en difficulté de se retrouver dehors pour impayés (on en parlait dans cet article d’analyse).

Pour être précis : La crise sanitaire n’a pas été sans conséquence sur le pouvoir d’achat des Français, et beaucoup de foyers se sont retrouvés dans l’incapacité de payer leur logement. La fondation Abbé Pierre craint une amplification des procédures d’expulsion en 2022 suite à la crise sanitaire et la fin de la trêve, comme cela avait été le cas à l’issue de la crise économique de 2008. On peut déjà voir les effets de la trêve hivernale : alors qu’en 2020 les expulsions ont été limitées à 3 500 foyers en raison de la prolongation de la trêve, les chiffres sont déjà bien plus élevés pour 2021.

Pour prendre un peu de recul : Le principe de la trêve hivernale a également été étendu aux coupures de gaz et d’électricité. Ce mercredi 10 novembre avait lieu la première Journée nationale de lutte contre la précarité énergétique, alors les coûts de l’énergie augmentent de manière importante. Alors que 12 millions de personnes sont en précarité énergétiques aujourd’hui en France, et que le prix du gaz domestique a enregistré une hausse de 8,7% au 1er septembre (augmentation des prix suivie également par l’électricité), le défi de la précarité sera important cet hiver pour le gouvernement…

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Les autres codes de la semaine :

Essoufflement de l’immobilier dans les grandes villes

Autre preuve de la versatilité du marché immobilier pendant la crise sanitaire : les tendances observées en début de crise sont désormais bien en train de s’inverser. La baisse des prix frappe désormais toutes les grandes métropoles, comme Nantes et Strasbourg. Seule Marseille fait figure de résistance. 

Alors que Nantes enregistrait une hausse de 6,8% en un an et Strasbourg 7,8% contre 1,7% à Lyon ou 2,3% à Lille, ces deux métropoles ont désormais grise mine. Elles ont essuyé les plus fortes baisses du top 10 au cours du mois d’octobre, avec -0,5% à Nantes et -0,8% à Strasbourg. De même la tension immobilière se réduit : il faut désormais 55 jours pour vendre un logement dans ces deux villes, contre 40 jours en juin… 

Les seules tendances qui se confirment sont l’attractivité des zones rurales et des maisons, le prix de ces dernières enregistrant une hausse de 6,2% sur un an. Marseille voit également ses prix augmenter de 0,8% sur le dernier mois, ce qui s’explique notamment par la mutation de cette ville, qui revitalise son centre-ville, qui agrandit le trajet de son tramway… Et il faut désormais 63 jours pour conclure une vente, soit une semaine de moins qu’il y un an !

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La touche finale : la tour Triangle divise

Le projet de cette tour, lancé en 2008 par le précédent maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë, ne met pas tout le monde d’accord. Certains comparent même les critiques à celles qui avaient été faites lors de la construction de la tour Eiffel, belle et moderne d’un côté, immonde et inutile de l’autre, voire semblable à une part de brie. Et pourtant, le chantier devrait enfin commencer dans les prochaines semaines.

Les architectes suisses Herzog et de Meuron ont pourtant essayé de remplir un cahier des charges bien exigeant : 2 000 mètres carrés d’espace de coworking, une tour haute de 180 mètres, un parc et des espaces verts… 

Mais pour beaucoup, le pari n’est pas réussi. Alors qu’il y a déjà plus de 4 millions de m² vacants en France et que le télétravail se répand, pourquoi construire un espace de coworking qui semble déjà daté ? De plus, cette tour est une aberration climatique, alors même qu’elle est le projet phare de la candidature d’Anne Hidalgo. Et une enquête pour favoritisme a été ouverte par le Parquet nationale financier début octobre. Dernière preuve de la division des Parisiens sur le projet : Philippe Goujon, maire LR du XVe arrondissement, va demander au prochain conseil de Paris le report du projet…